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Son Historique :
C’est dans la province de Kaffa, en Ethiopie, que la majorité des auteurs considèrent que c’est le lieu d’origine du café ou plutôt du caféier. Il se répandit dans la péninsule arabique. La prohibition de l’alcool par l’Islam au niveau de l’Arabie a stimulé les habitants à cultiver le café pour le consommer comme breuvage à la place du vin.
Il existe une légende sur la découverte du café qui est différemment racontée, selon les auteurs :
En effet, il semblerait, que ce fut en Arabie, plus précisément au Yémen, vers l’an 830, qu’un berger du nom de Khaldi s’étonna que ses chèvres s’agitaient en broutant certains arbustes. D’autres racontent que Khaldi s’étonna que son troupeau restait éveillé toute la nuit, après avoir pâturé dans un endroit différent que d’habitude. Le lendemain, il changea de lieu de pâturage et les chèvres se montrèrent plus calmes et s’endormirent dès la tombée de la nuit, après avoir ruminé tranquillement. Curieux du comportement inaccoutumé de ses chèvres, il revint le jour suivant avec son troupeau à l’endroit précédent et s’intéressa de plus près à ce que broutaient ses chèvres. Et effectivement, les chèvres broutaient les fruits rouges de certains arbustes qui poussaient dans cet endroit. Le soir même, le comportement des chèvres était analogue, agitation et insomnie. Il comprit alors que les fruits consommés avaient quelque chose d’étrange.
La découverte de Khaldi se propagea rapidement et le chef religieux de la région s’y intéressa et tenta de préparer à partir de ce fruit une boisson. Il fit bouillir les noyaux de ces fruits et consomma le breuvage avec les pensionnaires du lieu de culte. L’effet ne s’est pas fait attendre, puisque on raconte que toute la communauté du lieu s’adonna avec une ardeur, inconnue auparavant, à des prières nocturnes.
C’est alors qu’on comprit que les fruits de cet arbuste donnaient des forces et de l’élan et ainsi on l’appela dans la langue de la région, à savoir l’Arabe, KAWA ce qui signifie énergie ou force. Certains auteurs pensent que ce nom dérive de Kaffa, la province éthiopienne dont le café arabica est originaire.
Plusieurs auteurs parlent que bien avant la venue de l’Islam, les bédouins d’Arabie (le grand territoire situé entre la mer rouge et le golfe persique) buvaient du café, le soir, sous la tente. L’arrivée de la religion musulmane et son expansion sur de nouvelles terres a permis au café d’être connu sur de nouvelles régions. Il est signalé que la popularité du café a beaucoup profité de la prohibition de l’alcool par la religion musulmane.
Les Arabes ont joué un grand rôle dans la vulgarisation de la consommation du café. Ainsi, on raconte que là où il y avait un dignitaire arabe (calife, sultan ou émir) le café fit son apparition. C’est la raison pour laquelle le café arriva rapidement à Baghdad, puis à Damas, les capitales successives de l’empire arabe. Plus tard, il est introduit au Caire, au Maghreb et en Espagne. A Constantinople (l’actuelle Istambul) le café fit son entrée grâce aux Ottomans, après la conquête de cette ville en 1453.
A Constantinople et dès 1550, il y avait des débits de café appelés « Maison de café » où les gens venaient boire du café et discutaient. C’était devenu un lieu de rencontres où on traitait d’affaires et où on faisait la connaissance de nouvelles personnes, etc. mais aussi c’était un lieu de discussions politiques.
De nombreux auteurs, soulignent que c’est vers le 15ème siècle que le café a entamé sa conquête du monde. Les musulmans, en se rendant en pèlerinage à la Mecque, ont propagé la culture de cette plante en Arabie et au Yémen. Déjà jusqu'au 17ème siècle, seule l’Arabie produisit du café.
Au 15ème siècle et malgré la grande conquête du café sur de nombreuses contrées, l’occident chrétien ignorait totalement l’existence de la plante et de cette boisson.
C’est Propero Alpini, un botaniste italien, qui apporta en 1592 les premiers grains de café à Venise. Il décrit le caféier et l’art de servir cette « décoction très répandue que les orientaux boivent au lieu du vin ». Petit à petit, le café fait son apparition dans plusieurs régions d’Europe et plus particulièrement au niveau des ports. Ainsi, le café commença a être bu à Gênes, à Rotterdam, à Londres, à Marseille…
Vers 1644, c’est le botaniste Jean de La Roque qui introduit les premières fèves de café à Marseille.
A Paris, en 1650, le café était encore une curiosité. Paraît-il, on disait beaucoup de mal sur cette boisson. Une boisson noire appelée « la boisson du diable ». Même les médecins étaient de la partie puisqu’ils considéraient le café comme un excitant dangereux pour la santé. Mais peut-on arrêter la mode ? … C’est durant la même période que l’importation et la consommation du café commença en Angleterre, plus particulièrement à Londres et à Oxford où des débits de cafés ont vu le jour et on commencé à se multiplier.
Certaines sources signalent que c’est à partir du port de Moka au Yémen, quelques années avant 1690, que des marins hollandais introduirent les premiers plants de caféier à Ceylan (Sri Lanka) puis en Inde et un peu plus tard dans les colonies hollandaises d’Asie. C’est ainsi qu’ils ramenèrent à l’Europe des plants de caféiers de l’île de Java.
Arrivé en Hollande, le caféier sera cultivé dans les serres du jardin botanique d'Amsterdam. Et c’est ainsi que des plants de caféiers seront offerts au Roi de France (Louis XIV) par le bourgmestre d’Amesterdam en gage de paix. Le Roi les confiera aux botanistes du Jardin du Roi (actuellement jardin botanique de Paris).
C’est grâce aux Français que le caféier sera introduit en 1723 à la Martinique. En effet, c’est le futur gouverneur de la Martinique, le capitaine Gabriel de Clieu, qui l’introduit. Il avait été chargé, lors de son départ pour son nouveau poste, d’emmener un plant de caféier, à partir du jardin du Roi. Cultivé en Martinique, le caféier s’étendit rapidement à tous les territoires des Antilles françaises. Et c’est à partir de là que le caféier prit de l’extension dans l’Amérique du Sud. Son plus grand développement a été connu sur ce continent au 19ème et 20ème siècles.
Détenant le monopole des grains et des plants de café, les Hollandais et les Français menaçaient de mort toute personne qui les emporteraient pour créer une plantation de caféiers. Seulement en 1727, la femme du gouverneur de Guyane, séduite par un officier brésilien, lui remet en secret quelques précieuses semences de caféiers, d’où semble-t-il l’origine des futures et nombreuses plantations au Brésil.
En Europe, la consommation du café devint populaire au cours du 18ème siècle.
Au niveau des colonies européennes, les colons introduisirent la culture du café où le climat était favorable. L’objectif recherché par la multiplication des plantations du caféier était l’exportation de la production pour répondre à la demande européenne. Plus tard, vers le 19ème siècle, l’offre ne répondant plus à la forte demande de l’Europe, des substituts au goût proche sont apparus. La racine de chicorée était la plus utilisée.
Il y a lieu de citer que la culture du caféier au niveau de certaines colonies anglaises fut ravagée par plusieurs maladies. Les colons, dans certains de ces pays, étaient bien obligés de reconvertir les surfaces concernées par du thé.
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